Conception pour le moulage par injection

Conception pour le moulage par injection : un guide pratique de la DFM 

Un guide de conception pour le moulage par injection avec des conseils pratiques de DFM concernant l'épaisseur de paroi, le dépouillement, les nervures, l'outillage, le coût, les défauts et une liste de contrôle DFM avant de figer le CAO.
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Un homme tient le guide de moulage par injection d'Ezra Made

Guide du moulage par injection

Ce guide vous guide à travers tout, depuis le devis, l'analyse de conception et l'expédition jusqu'aux meilleures pratiques qui garantissent que votre modèle est optimisé pour le moulage.

Si vous maîtrisez la conception pour le moulage par injection, vous savez également qu'il faut réfléchir à la faisabilité et à la fabrication d'un produit avant de se préoccuper de son esthétique et de sa fonction.

Ne pas accorder la priorité au facteur de conception pour la fabrication (DFM) peut entraîner des pertes importantes dues à des changements d'outils, des injections incomplètes, des marques de retrait disgracieuses, des déformations et des retards dans les tests d'outils que personne n'avait vus venir.

Ainsi, lors de la conception d'une pièce pour le moulage par injection, il est essentiel d'anticiper les points clés, tels que l'épaisseur des parois, le choix du matériau, le rayon des angles et le positionnement des nervures. À défaut, vous risquez de devoir constamment repenser ou ajuster les outils.

Nous voulons vous aider. C'est pourquoi nous avons rassemblé des conseils pratiques clés en matière de conception pour la fabrication (DFM) afin de vous aider à éviter ces erreurs coûteuses avant de figer la CAO.

EZRA A FAIT DFM

Les décisions clés en matière de conception avant la CAO

Il y a deux décisions fondamentales que vous devez toujours garder à l'esprit avant de créer une conception assistée par ordinateur pour le moulage par injection.

  • Intention du produit.
  • Comportement des matériaux.

Négliger ces deux décisions peut rendre la production peu fiable et coûteuse, même si votre conception est apparemment parfaite.

Intention du produit et outillage

Si vous concevez une pièce sans connaître son échelle de production, vous risquez de la surdimensionner pour de petites séries ou de la sous-dimensionner pour une production à long terme.

Avant de commencer votre conception assistée par ordinateur (CAO), posez-vous cette question essentielle concernant le volume de production et l'outillage.

Êtes-vous en train de concevoir : 

  • Un prototype ?
  • Un outil de pont à faible volume ?
  • Un programme de production ?

Bien que ces trois options correspondent souvent à des phases d'un même processus de développement produit, chacune requiert des choix de conception et des stratégies d'outillage différents. De plus, chacune engendre des coûts d'outillage initiaux différents, des délais de livraison différents et un volume total de pièces produites différent. 

Outil prototype

Les prototypes servent à valider et tester l'ajustement, la forme et la fonction d'un modèle. Ils utilisent les mêmes résines de production que la pièce finale et constituent la meilleure option pour la production de petits lots initiaux.

Lors de la conception d'un prototype, l'accent est mis sur la rapidité, la flexibilité et la réduction des coûts. Il en résulte des modifications rapides, faciles et peu coûteuses de la conception des pièces.

Pour la fabrication d'outils prototypes, l'aluminium est le matériau le plus courant. Cependant, l'acier doux peut être préféré afin de minimiser le temps d'usinage.

Le chargement manuel est souvent privilégié pour réduire les coûts, en remplacement des systèmes automatisés complexes et onéreux. Les objectifs de production peuvent atteindre un millier d'unités.

Les outils prototypes étant généralement expérimentaux, leur durabilité est moindre et ils ne peuvent produire qu'un nombre limité de tirs, avec des temps de cycle plus longs.

Moulage par injection de prototype CTA2

EzraMade

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Outil de pont à faible volume

Un outillage de petite série fait le lien entre le prototypage et la production à grande échelle. Il permet de tester le marché grâce à des séries de production préliminaires avant la fabrication complète de l'outillage en acier.

L'objectif est ici de trouver un juste équilibre entre durabilité et prix abordable en produisant des volumes moyens. Le matériau utilisé est généralement de l'aluminium plus dur, mais l'acier pré-trempé est également courant. 

Le processus est semi-automatisé, avec des outils plus robustes que ceux du prototype. Les volumes de production peuvent aller de mille à plusieurs dizaines de milliers d'unités.

Pour les productions pilotes ou le lancement initial sur le marché, privilégiez les outils de transition à faible volume. Ils sont parfaitement adaptés lorsque la demande réelle pour un produit et le retour sur investissement sont encore incertains, et particulièrement pertinents pour des projets comme les dispositifs médicaux en essais cliniques.

À lire également : Moulage par injection en petites séries | Fabrication rapide et abordable en petits lots

Programme de fabrication 

Un programme de production, ou outillage à grand volume, est l'outil de fabrication final. Il est conçu pour garantir efficacité, précision, durabilité et production en grande série dans un processus de production continu et reproductible.

Pour ces raisons, l'accent est mis sur la longévité et la qualité constante des pièces au coût le plus bas possible.

Les outils en acier trempé, tels que le S7 et le H13, sont les principaux matériaux utilisés. Ils peuvent fonctionner et résister à des millions de cycles. Le processus est entièrement automatisé, avec des glissières automatiques, des élévateurs et des systèmes de refroidissement complexes.

Du fait de sa complexité, un outil produit en grande série est coûteux, a des délais de fabrication longs et est difficile et onéreux à modifier une fois finalisé. C'est pourquoi les notes prises lors des phases de prototypage et d'outillage de transition servent souvent à garantir un outil de production irréprochable.

Implications en matière d'outillage (aluminium vs acier)

Une fois votre option d'outillage définie, vous devez encore évaluer les implications de cet outillage sur votre objectif de production. 

Le choix se fait ici entre l'aluminium et l'acier. 

Pour l'outillage de prototypage, les moules en aluminium sont les plus courants. Ce sont :

  • Plus rapide vers la machine.
  • Encourir des coûts initiaux moins élevés. 
  • Utilisez le chargement manuel pour les inserts.
  • Refroidissement simplifié.
  • Mais, en contrepartie, ils sont moins durables et ont une faible tolérance.

Pour l'outillage de pont, on utilise de l'aluminium plus dur ou de l'acier P20. Ces outils sont caractérisés par :

  • Actions semi-automatisées.
  • Refroidissement modéré.
  • Coûts et délais de livraison modérés.

Pour l'outillage du programme de production, l'acier trempé, tel que H13 ou P20, est indispensable. L'outillage se caractérise par :

  • Coûts initiaux plus élevés.
  • Automatisation complète.
  • Volumes de production importants.
  • Refroidissement optimisé pour des cycles plus nombreux et plus rapides.
  • Tolérances serrées.
  • Durabilité supérieure et haute résistance à l'usure

N'oubliez pas que la géométrie de votre conception est également primordiale. Par exemple, une conception avec des parois fines, des nervures complexes et des tolérances serrées peut parfaitement convenir à un acier trempé à haute tolérance. En revanche, elle risque d'entraîner une usure rapide et des déformations dans un outillage en aluminium.

Voici un bref résumé des trois options de production et de leurs implications en matière d'outillage.

Intention de productionShots (volume)Matériel d'outilDélai moyenCavitationNiveau d'automatisationPrix
Outil prototype1-1,000Aluminium doux, acier doux2 à 6 semainesCavité uniqueMinimal (charges manuelles)Low
Outil de pont1-100,000Aluminium plus dur, acier P205 à 10 semainescavité unique ou multicavité basseSemi-automatiséNormale
Outil de production100,000 1-XNUMX M+Acier trempé (H13, S7, 420SS)8 à 20 semaines et plusMulti-cavitéAutomatisation complète des glissières, des élévateurs, etc.Haute

Comportement matériel 

Lors du choix des matériaux d'outillage, il est important de garder à l'esprit que le coût et la résistance ne sont pas les seuls critères. En effet, en moulage par injection, le comportement du matériau détermine la qualité du remplissage et la stabilité dimensionnelle de la pièce, ainsi que les vitesses de refroidissement et de solidification.

Considérez ces trois aspects clés :

  • Plastiques amorphes vs plastiques semi-cristallins. 
  • Impact du retrait et de l'écoulement sur la conception. 
  • Pourquoi des matériaux comme le PP et le PE sont-ils plus sensibles à l'épaisseur de la paroi et aux nervures ? 

Plastiques amorphes vs. plastiques semi-cristallins

On classe généralement les thermoplastiques en deux grandes catégories : les plastiques amorphes et les plastiques semi-cristallins.

La principale différence entre les deux réside dans leur comportement lorsqu'ils sont chauffés ou refroidis. Ce comportement est déterminé par leur structure moléculaire.

Plastiques cristallins vs plastiques amorphes

Plastiques amorphes

Les plastiques amorphes comprennent le PC et l'ABS . Chauffés, ils se comportent comme du beurre : ils deviennent mous puis liquides, ce qui leur permet de remplir le moule uniformément sans se contracter beaucoup en refroidissant.

Tout cela signifie que les plastiques amorphes présentent un retrait plus uniforme et permettent une meilleure prévision de leurs dimensions. Ils sont particulièrement adaptés à la fabrication de produits tels que les pièces cosmétiques.

Plastiques semi-cristallins

Les plastiques semi-cristallins comprennent le PE , le PP et le nylon. Lors des cycles de chauffage et de refroidissement, leur comportement est similaire à celui de l'eau qui gèle : ils sont solides à l'état solide, puis fondent à une certaine température. En refroidissant, leurs molécules se compactent en cristaux denses, ce qui entraîne un fort retrait et une réduction importante de volume.

Il faut donc s'attendre à un retrait plus important et moins uniforme avec les plastiques semi-cristallins, ce qui augmente le risque de déformation. Il est impératif de tenir compte de ces spécificités dans l'épaisseur des parois et la conception des nervures.

Simplifions les principales différences entre les plastiques amorphes et semi-cristallins dans un tableau.

Plastiques semi-cristallinsPlastiques amorphes
ExemplesPP, PE, NylonABS, PS, PC
StructureCristaux mêlés à des zones amorphes.Désordonné, comme des chaînes enchevêtrées.
FusionPoint de fusion précis. Passage rapide de l'état solide à l'état liquide à faible viscosité.Pas de point de fusion précis. Ramollit progressivement.
rétrécissementHaut, irrégulier (anisotrope)Faible, uniforme (isotrope)
WarpageTrès sujet à la déformation.Moins sujet à la déformation.
SurfaceRésistant, glissant, matBrillant, rigide.
Transparence Opaque/translucideSouvent transparent

Impact du retrait et de l'écoulement sur la conception

Le plastique fondu ne se contente pas de remplir un moule lors de l'injection. Il continue de s'écouler sous pression et finit par se refroidir contre les parois du moule. Ce faisant, il se solidifie et se rétracte. 

Lors du choix du matériau, gardez ces points clés à l'esprit : 

  • rétrécissementLes plastiques amorphes se rétractent moins, de 0.3 % à 0.7 %. Les plastiques semi-cristallins se rétractent beaucoup plus, d'environ 1.5 % à 3.0 %. Par ailleurs, les irrégularités des parois entraînent des différences de retrait importantes.
  • DébitLes plastiques amorphes sont plus résistants aux variations de vitesse, tandis que les matériaux semi-cristallins nécessitent une pression élevée et une vitesse d'injection rapide pour refroidir uniformément.
  • Direction Comparativement aux matériaux amorphes, les plastiques semi-cristallins se rétractent davantage perpendiculairement au sens de l'écoulement que dans le sens de celui-ci.
  • GrosorLes parties plus épaisses refroidissent plus lentement et se rétractent donc davantage.

Négliger ces éléments peut entraîner des défauts de moulage par injection tels que des retassures, des déformations, des vides et des variations dimensionnelles. Il est donc essentiel d'en tenir compte lors de la conception pour le moulage par injection :

  • Assurer une épaisseur de paroi uniforme et en évitant à tout prix de juxtaposer des sections épaisses et des sections minces. En effet, les sections épaisses refroidissent plus lentement et exercent une traction sur les sections minces, ce qui peut entraîner des vides ou des retassures. 
  • Ajouter des rayons généreux aux angles pour éviter la concentration des contraintes, notamment avec les matériaux semi-cristallins.
  • Placer le portail près de la partie la plus épaisse ou en veillant à ce que le flux soit symétrique.

Pourquoi le PP et le PE sont plus sensibles à l'épaisseur de paroi et aux nervures

Voici ce qu'il faut garder à l'esprit lors de l'utilisation de matériaux PP et PE.

Le polypropylène (PP) et le polyéthylène (PE) sont des polyoléfines. Cela signifie qu'ils sont fortement semi-cristallins et relativement flexibles. De ce fait, ils se rétractent davantage que les matériaux amorphes. 

Bien que vous puissiez les choisir parce qu'ils sont moins chers, robustes et résistants aux produits chimiques, ils peuvent s'avérer un véritable cauchemar en matière d'équilibre dimensionnel.

Le PP et le PE sont particulièrement sensibles aux nervures surdimensionnées, aux transitions entre parois épaisses et minces et aux concentrations de masse localisées. Ils cristallisent lors du refroidissement et les zones plus épaisses se rétractent davantage. 

Ainsi, si les nervures sont beaucoup plus épaisses que l'épaisseur nominale de la paroi, le refroidissement interne est plus lent tandis que la paroi externe se solidifie. Lorsque le noyau refroidit finalement, il tire la paroi externe vers l'intérieur, ce qui peut entraîner des retassures sur la surface du produit. En revanche, si la paroi externe est trop rigide, le retrait de la paroi interne crée un vide.

Voici donc quelques règles pratiques à garder à l'esprit : 

  • Pour les matériaux semi-cristallins, utilisez une épaisseur de nervure égale à 40 % à 60 % de l’épaisseur nominale de la paroi. Une épaisseur supérieure risque d’entraîner des retassures.
  • Prévoyez des angles de dépouille généreux (au moins 1° à 2°) pour les nervures et veillez à ce qu'elles soient fines et arrondies plutôt qu'aiguës. En effet, le PE et le PP sont mous et glissants, et donc plus difficiles à démouler.
  • Veillez à ce que les parois soient minces (environ 1.5 à 2.5 mm) et d'épaisseur aussi uniforme que possible. N'oubliez pas qu'avec les matériaux semi-cristallins, l'uniformité prime sur l'épaisseur absolue.
  • Privilégiez les matériaux amorphes comme l'ABS et le PC si vous recherchez une grande stabilité dimensionnelle. Cela évite les déformations. Optez pour des matériaux semi-cristallins (nylon, PBT, PE et PP) si la résistance chimique et la robustesse du produit sont vos priorités.
Épaisseur de paroi et nervures

Un ensemble de règles de conception basé sur les priorités

En matière de conception pour le moulage par injection, il existe quelques règles à respecter. Certaines ont un impact significatif sur le coût, tandis que d'autres déterminent la faisabilité de la pièce et la reproductibilité du processus.

Veuillez vérifier les 4 règles ci-dessous et garder à l'esprit que si la règle 1 est mal appliquée, la règle 2 ne pourra pas corriger les dégâts. De même, le non-respect de la règle 3, et il en va de même pour la règle 4, ne pourra être corrigé par aucun ajustement d'outillage. 

Nous aborderons les règles de la hiérarchie privilégiées par les concepteurs de moules experts.

  1. Commencez par une épaisseur de paroi uniforme.

S'il ne faut retenir qu'une seule règle en matière de moulage par injection, c'est bien celle-ci : l'épaisseur de vos parois doit être uniforme sur toutes les surfaces.

En effet, l'épaisseur de la paroi influe sur plusieurs autres aspects, notamment :

  • L'homogénéité du flux de matière.
  • Vitesse de refroidissement.
  • Temps d'un cycle.
  • Comportement de rétrécissement.
  • Stress interne.

Par conséquent, le respect scrupuleux de cette règle renforce la structure des pièces, optimise les temps de cycle et prévient les défauts tels que les retassures, les déformations et les points faibles.

De plus, n'oubliez pas que l'épaisseur de la paroi compte plus que le tirant d'eau, les filets, les nervures et la texture.

Pourquoi l'épaisseur des parois est plus importante que le tirage.

Le dépouillement est le léger angle appliqué aux parois verticales des pièces pour faciliter leur éjection du moule. 

Ainsi, tandis que le tirage a une fonction simple dans le processus d'éjection, l'épaisseur de la paroi définit la solidité structurelle et fonctionnelle de la pièce, ainsi que sa dynamique de refroidissement.

En d'autres termes, un mauvais dépouillement peut au pire rendre l'éjection difficile et altérer l'aspect de la pièce. Mais une épaisseur de paroi inadéquate peut engendrer des défauts catastrophiques, tels que des déformations, des retassures et des porosités, rendant souvent la pièce inutilisable. Et cela se traduit également par des pertes financières.

Autrement dit, une pièce d'épaisseur uniforme avec un angle de dépouille insuffisant se moulera, avec un risque de difficultés d'éjection et d'usure de l'outil. En revanche, une pièce à paroi irrégulière se déformera, s'affaissera ou présentera des irrégularités dimensionnelles. 

En résumé, le dépouillement influe sur l'éjection et l'esthétique de la pièce. L'épaisseur de paroi influe sur la physique globale, qui est au cœur de tout le processus de production.

Comment les sections épaisses provoquent des affaissements, des déformations et des temps de cycle longs

L'épaisseur de la paroi influe considérablement sur le processus de refroidissement. En effet, les sections plus fines refroidissent plus rapidement que les sections plus épaisses. 

Voici une explication détaillée de la façon dont l'épaisseur des parois provoque des retassures, des déformations et des temps de cycle longs.

Marques d'évier :

Lors de l'injection de plastique fondu, la partie en contact avec les parois du moule refroidit en premier et forme une pellicule solide. Si une section est plus épaisse que le reste, son cœur demeure fondu plus longtemps et, en refroidissant, se rétracte et aspire la pellicule déjà solidifiée, créant ainsi un creux à la surface de la pièce.

La solution : retirer les sections les plus épaisses et réduire l’épaisseur des nervures à 40-60 % de l’épaisseur de la paroi.

Gauchissement:

Lors du refroidissement, les parties les plus fines se solidifient en premier. Les zones plus épaisses, qui restent chaudes plus longtemps, continuent de refroidir et de se rétracter progressivement, créant des contraintes internes. Lors de l'éjection de la pièce, ces contraintes provoquent une déformation, une torsion ou un cintrage de la partie la plus fine vers le côté le plus épais.

Une épaisseur de paroi irrégulière, une conception asymétrique ou un refroidissement déséquilibré du moule peuvent tous favoriser ces défauts.

La solution : maintenir une épaisseur de paroi uniforme et réaliser des transitions progressives selon un rapport de 3:1.

Cycles longs :

Le refroidissement est l'étape prédominante du cycle de moulage par injection, représentant souvent 60 à 80 % du temps. Pendant cette période, le moule doit rester fermé jusqu'à ce que toutes les parties, y compris les plus épaisses, aient complètement refroidi et soient prêtes à être éjectées.

Si vos parois sont trop épaisses, le temps de refroidissement peut être quatre fois plus long que d'habitude. Cela signifie qu'une seule zone plus épaisse peut prolonger le temps de moulage de la pièce entière. Par conséquent, le temps de fabrication d'une seule pièce augmente, et la production diminue. Tout cela accroît le coût unitaire et réduit la productivité.

La solution : optimiser l’épaisseur de paroi au minimum autorisé. Cela améliorera considérablement le refroidissement du moule.

Conseil de pro concernant l'épaisseur des parois : assurez-vous d'une épaisseur de paroi uniforme, de préférence de 1.2 à 3.0 mm, et utilisez des nervures pour plus de solidité plutôt que des parois plus épaisses.

  1. Ajouter le brouillon avant la texture

En conception pour le moulage par injection, le dépouillement a une fonction mécanique avant d'être un élément esthétique. On observe un dépouillement sur chaque surface verticale d'une pièce moulée, ce qui permet un démoulage propre. En son absence, la pièce frotte contre le moule, provoquant usure et dommages.

La texture, quant à elle, crée des micro-dépouilles qui assurent la bonne tenue de la pièce dans le moule. En clair, la texture renforce le besoin de dépouille, sans le remplacer. Par conséquent, lors de la conception, il est préférable d'ajouter la dépouille avant la texture.

Angles de dépouille

Pourquoi d'abord le brouillon, ensuite la texture :

Voici pourquoi vous devriez ajouter le brouillon avant la texture :

  • Le dépouillement empêche le blocage de la pièce grâce aux micro-dépouilles.Par exemple, lorsqu'une texture est créée par micro-perforation de la surface du moule, celle-ci agit comme de nombreux petits crochets qui retiennent la pièce dans le moule si l'angle de dépouille n'est pas appliqué. Cela peut endommager à la fois la pièce et la surface de l'outil lors de l'éjection.
  • Il contrôle le rétrécissement dû aux frottements élevésLorsqu'une pièce moulée refroidit, elle se rétracte et épouse parfaitement les parois du moule. La dépouille réduit la surface de contact lors de l'éjection, diminuant ainsi le frottement. La pièce se démoule alors facilement, contrairement à ce qui se produirait si sa surface était directement contre la paroi du moule. Cela pourrait également provoquer des brûlures ou des éraflures.
  • Un tirage détermine la profondeur de la textureLes normes industrielles imposent des angles minimaux pour la texturation, définis par l'angle de dépouille. Par exemple, une texturation légère (PM-T1) requiert une dépouille d'au moins 3°, tandis qu'une texturation moyenne ou épaisse (PM-T2) requiert une dépouille de 5° ou plus. En règle générale, il faut donc ajouter au moins 1° de dépouille par millième de pouce (0.025 mm) de profondeur de texturation. La texturation doit être déterminée en fonction de la dépouille, et non l'inverse.
  • Le brouillon a des implications en termes de coûts et de temps de production.Un tirage correctement positionné évite les retassures, prévient les dommages au moule, minimise les arrêts de production et réduit la force d'éjection, préservant ainsi le moule d'une usure inutile.

Pourquoi la texture ne remplace pas le courant d'air

Puisque vous savez pourquoi le courant d'air précède la texture, vous devez également savoir pourquoi la texture ne remplace pas le courant d'air.

  • La texture augmente la friction lors de l'éjectionLa texture ne facilite pas le démoulage. En effet, elle augmente la surface de contact et présente des micro-dépouilles, ce qui rend l'éjection plus difficile que sur une surface lisse et propre.
  • Le courant d'air protège la textureQu'elle serve à améliorer l'adhérence ou à masquer des défauts, la texture s'usera lors de l'éjection en l'absence de dépouille. Cela vaut également pour la surface du moule, car une force plus importante est appliquée pour extraire la pièce.

En résumé, la qualité des pièces moulées est obtenue en commençant par la création d'une dépouille, puis en appliquant la texture nécessaire à la surface. La séquence correcte est donc la suivante : définir la géométrie fonctionnelle – appliquer la dépouille appropriée – déterminer la profondeur de la texture de surface.

  1. Retirer le noyau avant épaississement

Lorsqu'il s'agit de renforcer des pièces, la solution la plus évidente consiste à ajouter de la matière. Mais cette approche est inadaptée à la conception pour le moulage par injection.

Il vaut mieux se référer à la géométrie, qui démontre qu'il est possible de renforcer une pièce en la creusant et en la renforçant avec des nervures.

Carottage vs. Parois pleines

Un mur plein peut paraître robuste en CAO, mais c'est la garantie de problèmes lors du moulage. C'est là que le carottage entre en jeu.

Le carottage consiste à retirer de la matière au centre de sections épaisses pour les rendre creuses. On obtient ainsi une coque uniforme renforcée par des nervures.

Si vous laissez des parois épaisses et solides, elles se solidifieront lentement à l'intérieur une fois l'extérieur refroidi. C'est la recette pour des retassures, des déformations et des vides.

Le carottage, quant à lui, permet d'obtenir une épaisseur de paroi uniforme, facilitant un refroidissement homogène et évitant les défauts esthétiques.

Les nervures servent à remplacer l'épaisseur, et non à ajouter de la masse.

Les nervures sont des extensions perpendiculaires qui augmentent la résistance et la rigidité structurelles aux endroits où la masse a été évidée. En géométrie, elles contribuent à maintenir l'épaisseur de la paroi principale tout en renforçant l'intégrité structurelle de l'ouvrage.

Ainsi, au lieu de penser à « ajouter de la masse » pour renforcer une pièce, pensez à des « nervures ». Vous ferez d'une pierre deux coups, car elles contribueront également à maintenir l'épaisseur de la paroi.

Mais il y a une mise en garde. 

N'ajoutez pas trop de côtes, au risque de les comprimer. En règle générale, elles ne doivent pas être plus proches l'une de l'autre que leur hauteur. Cela risquerait de ralentir le refroidissement, ce que vous cherchez justement à éviter.

CarottageTravers de porc
– Réduit les sections pleines à parois épaisses.
– Accélère le refroidissement, réduisant ainsi la durée du cycle.
– Empêche les vides, les déformations et les affaissements.
– Améliore la résistance et la rigidité des pièces sans ajouter de masse.
– Prévient les défauts tels que le gauchissement.
– Améliore la capacité de charge.
  1. Évitez les contre-dépouilles jusqu'à ce qu'elles soient justifiées.

En moulage par injection, les contre-dépouilles sont des trous, des creux ou des saillies qui empêchent l'éjection rectiligne des pièces du moule. Leur réalisation nécessite un outillage complexe, comme des glissières, des éjecteurs et des noyaux rétractables, ce qui engendre des coûts supplémentaires.

Ainsi, lorsqu'on envisage des contre-dépouilles, la question essentielle à se poser n'est pas de savoir si elles peuvent être moulées, mais si elles valent les coûts constants qu'elles engendrent.

Les contre-attaques et les actions parallèles comme multiplicateurs de coûts

Pour mouler les contre-dépouilles, vous aurez besoin d'outillage supplémentaire, notamment :

  • Actions latérales (glissades).
  • Haltérophiles.
  • Noyaux pliables.
  • Mécanismes de dévissage (pour les filetages).

Chaque détail d'outillage supplémentaire implique un allongement du temps de production, le déplacement de composants, un réalignement et un besoin accru de maintenance.

Tout cela peut faire grimper les coûts, parfois bien au-delà du prix de la pièce elle-même.

Et en matière de production à grand volume, les contre-dépouilles peuvent allonger le délai de fabrication des moules, augmenter l'usure des outils et allonger le temps de cycle en raison du mouvement du coulisseau. 

Pour ces raisons, les remises excessives deviennent des multiplicateurs de coûts et entraînent souvent des changements drastiques dans la stratégie d'outillage.

Mais ce n'est pas parce que les prix cassés ont un coût qu'ils ne valent jamais la peine.

Quand les coupes basses valent vraiment le coup

Les contre-dépouilles sont justifiées lorsqu'elles apportent une valeur ajoutée à l'ensemble du système de moulage par injection supérieure à leur coût réel.

Cela peut être vrai dans les situations suivantes : 

  • Lorsqu'ils remplacent les fixations et les adhésifs par des loquets et des enclenchements pour permettre des mécanismes d'emboîtement.
  • Lorsqu'ils créent des éléments à visser directement dans le moule pour les éléments filetés, comme les bouchons de bouteille.
  • Utilisée conjointement avec le carottage pour enlever des masses importantes et créer des éléments fonctionnels tels que des ouvertures latérales, des assemblages à enclenchement et des géométries complexes, cette technique permet de prévenir les retassures et les déformations, et de réduire le temps de refroidissement.
  • Lorsqu'elles améliorent l'ergonomie pour l'utilisateur, comme les poignées des produits de consommation ou les ports pour les boutons et le câblage.
  • Quand ils éliminent opérations d'assemblage secondaire comme l'ébavurage et le filetage, ou la pose de fixations. 

Le principe général est donc le suivant : concevoir d’abord pour une traction directe, puis ajouter des contre-dépouilles si elles offrent des avantages économiques et fonctionnels justifiant la complexité de l’outillage.

Caractéristiques communes des pièces moulées par injection

Certaines caractéristiques se retrouvent dans presque toutes les pièces moulées par injection. Il s'agit notamment des angles de dépouille, des nervures, des bossages, des rayons, des coins, des contre-dépouilles et des obturations.

En matière de conception pour le moulage par injection, ces caractéristiques ne se limitent pas à une fonction esthétique. Elles sont essentielles pour garantir un moulage et une éjection propres de la pièce.

La compréhension de ces caractéristiques permet de distinguer les conceptions faciles à fabriquer de celles qui sont difficiles à mettre en œuvre.

Angles de dépouille

Vous savez désormais que la dépouille est la légère conicité des faces verticales qui permet une éjection aisée de la pièce du moule. En son absence, la pièce adhère au moule, ce qui nécessite une force plus importante pour l'éjecter et risque d'endommager la pièce et d'user l'outil.

Angles de dépouille dans le moulage par injection

Effets de profondeur, de texture et de matière

Les exigences en matière de tirage sont corrélées à la profondeur, à la texture et au matériau des caractéristiques de la manière suivante :

  • Profondeur de la paroi : Les parois plus profondes présentent des surfaces de contact plus importantes avec l'outil, ce qui rend l'éjection plus difficile. Plus la profondeur est grande, plus la friction est importante et plus le tirant d'eau nécessaire est élevé..
  • Texture de surface : La texture augmente l’adhérence entre la pièce et l’outil. Les textures plus profondes nécessitent un tirage supplémentaire au-delà des valeurs de base.
  • Comportement des matériaux : Certains matériaux (notamment les plastiques semi-cristallins comme le PP et le PE) se rétractent plus fortement et adhèrent plus fortement au moule. Les plastiques semi-cristallins nécessitent des angles de dépouille plus élevés que les plastiques amorphes tels que le PC et l'ABS..

plages de tirage

Les tirants d'eau peuvent varier en fonction de la géométrie et des caractéristiques du site. Voici les recommandations générales : 

  • 0.5° est le minimum absolu (doit être présent) sur toute face verticale pour éviter le glissement.
  • 1° de chaque côté pour les surfaces lisses et non texturées (point de départ minimum).
  • 1.5–2° de chaque côté pour des fonctionnalités plus avancées.
  • 3° ou plus pour les surfaces texturées (en fonction de la profondeur de la texture).

Pour connaître les plages de tirage en fonction du comportement du matériau, de la profondeur des détails et de la texture de surface, tenez compte des éléments suivants :

Selon la texture de surface :

  • 0.5 ° à 1 ° pour les surfaces polies ou lisses.
  • 1 ° à 3 ° pour les textures légères, comme le sablage.
  • 3 ° à 5 ° pour une texture moyenne à épaisse, comme un grain léger ou un grain fin.
  • 5° – 12°+ pour les textures agressives, comme le grain du bois et le cuir.

Par type de matériau :

  • 0.5°-1.5° pour les polymères amorphes à faible retrait (PS, PC, ABS).
  • 1.5°–3°+ pour les polymères semi-cristallins qui adhèrent mieux au moule et rétrécissent davantage (POM, PP, PE, Nylon).

Par profondeur de texture : 

  • 1 ° supplémentaire pour chaque 0.001 pouce/0.025 mm de profondeur de texture.

L'essentiel est de concevoir vos brouillons intentionnellement dès le départ, et non de les ajouter comme mesure corrective.

Côtes et Bosses

En conception pour le moulage par injection, les nervures et les bossages sont des éléments essentiels qui renforcent la structure et améliorent la fonctionnalité des pièces en plastique. Leur principal avantage réside dans le fait qu'ils n'augmentent ni le poids ni l'épaisseur des parois.

Mais des nervures et des bossages mal conçus peuvent ajouter un poids et une épaisseur de paroi inutiles, provoquant des défauts tels que des affaissements et des déformations.

Relation entre l'épaisseur de la nervure et celle de la paroi

Les côtes doivent renforcer la rigidité et la solidité sans ajouter de masse. Pour ce faire, assurez-vous de : 

  • La base de la nervure représente 40 % à 60 % de l'épaisseur nominale de la paroi.
  • L'épaisseur de la nervure ne dépasse pas 60 à 70 % de l'épaisseur de la paroi adjacente.
  • La hauteur de la nervure ne dépasse pas 3 fois l'épaisseur nominale de la paroi.
  • La nervure présente un angle de dépouille de 0.5° à 1.5° de chaque côté pour permettre un démoulage en douceur.
  • La base de la nervure présente un congé (rayon) de 0.25 à 0.5 fois l'épaisseur de la paroi afin de minimiser la concentration des contraintes.

Pourquoi les patrons sont souvent à l'origine de l'échec

Les bossages sont des éléments cylindriques servant de guides ou accueillant des inserts et des vis. Mal utilisés, ils peuvent se transformer en zones épaisses et mal refroidies, provoquant d'importantes retassures. 

Voici pourquoi:

  • Refroidissement plus lentLa matière supplémentaire à la base des bossages met plus de temps à refroidir et à se rétracter. De ce fait, elle peut tirer la surface vers l'intérieur, créant ainsi des marques en creux. 
  • masse supplémentaireLes bossages augmentent le volume de la masse au point de fixation au mur. Ces sections peuvent servir de dissipateurs thermiques.
  • Hauteur supplémentaireUn bossage trop haut ou doté d'une paroi épaisse peut former une masse supplémentaire à refroidissement lent, créant ainsi un point d'apparition possible de marques de retrait.

Ces incidents sont particulièrement fréquents lorsque l'on conçoit des bossages comme des supports solides.

Combinaisons appropriées de boss et de côtes

Pour éviter les marques de retrait, gardez ces conseils à l'esprit lors de l'assemblage des nervures et des bossages :

  • Utilisez le nervures de renfort reliant les bossages à la paroi latérale la plus proche au lieu de les laisser seuls. 
  • Respectez la règle des 40 à 60 % d'épaisseur avec les côtes et les bosses.
  • Les boss principaux pour conserver une épaisseur uniforme avec les parois.
  • Utilisez des soufflets autour de la base des boss pour les renforcer sans ajouter de masse.
  • Ne placez pas les boss directement en face. surfaces polies ou cosmétiques.

Coins et rayons

Les angles semblent nets en CAO. Mais ils peuvent engendrer toute une série de problèmes lors du moulage. 

Pourquoi les angles vifs provoquent des tensions et des problèmes d'écoulement

Les angles vifs dans la conception provoquent des problèmes de contrainte et d'écoulement lors du moulage par injection car :  

  • Elles concentrent les charges et créent des points faibles sujets aux fissures.
  • Le plastique fondu ne s'écoule pas librement à un angle de 90°. Cela provoque un écoulement turbulent et des bulles d'air, et finalement, des injections incomplètes (remplissage insuffisant).
  • Les angles vifs créent des sections de plastique fondu jusqu'à 30 % plus épaisses, ce qui entraîne un refroidissement plus lent et un rétrécissement, deux causes de déformations et de retassures.
  • Le plastique en fusion s'adapte mal aux changements brusques de vitesse et de direction d'écoulement. Cela provoque des lignes de soudure.

Pour toutes ces raisons, les angles arrondis offrent une meilleure facilité de fabrication et une plus grande durabilité des pièces.

Relations fondamentales entre rayon intérieur et rayon extérieur

Spécifier des rayons intérieur et extérieur identiques est une erreur de conception. Cela déséquilibre le système et engendre des défauts. 

Au lieu de cela, le rayon intérieur minimum recommandé (R in) = 0.5 x épaisseur de paroi (T), tandis que le rayon extérieur minimum recommandé (R out ) = 1.5 x T.

Par conséquent, le rapport correct entre le rayon intérieur et le rayon extérieur devrait être :

Rayon extérieur (R out ) = Rayon intérieur (R in ) + Épaisseur de paroi (T).

Cela permet de maintenir une épaisseur de paroi constante dans l'angle. Autrement, il y a un risque de restriction du flux de matière, de forte concentration de contraintes et de remplissage moins homogène du moule.

Contre-dépouilles et arrêts

Les contre-dépouilles entravent l'éjection des pièces. Mais elles peuvent être éliminées en utilisant des systèmes d'obturation plutôt que des mécanismes latéraux complexes. 

Quand les arrêts sont préférables aux actions secondaires

Un point d'arrêt est une zone de moulage où deux surfaces d'outillage se rejoignent et bloquent l'écoulement du plastique fondu. Cela permet de créer un élément sans avoir à déplacer de composants. 

Cependant, si la pièce peut être conçue pour se former par traction directe et obturation par acier au lieu de glissières, l'outillage devient moins cher, plus simple, plus durable et permet un cycle plus rapide.

Les situations où il est préférable d'arrêter complètement le processus plutôt que d'agir en parallèle comprennent :

  • Lorsque vous devez contrôler les coûts et la vitesse, car ils éliminent le besoin de mécanismes supplémentaires, réduisant ainsi les coûts d'outillage et accélérant la production.
  • Lorsque des caractéristiques plus simples peuvent remplacer des caractéristiques plus complexes, comme des trous traversants ou des fentes au lieu d'une poche nécessitant une glissière, ou des nervures internes et des boutons-pression au lieu de noyaux pliables.
  • Lorsque vous avez besoin d'améliorer la fiabilité grâce à des conceptions coulissantes sur métal qui minimisent l'usure mécanique par rapport aux pièces mobiles complexes.

Combien de contre-dépouilles peuvent être éliminées dès la conception ?

De nombreuses contre-dépouilles peuvent être éliminées dès la phase de conception, et chaque contre-dépouille éliminée réduit les coûts, la complexité et le risque de dommages.

Vous pouvez éliminer les contre-dépouilles dès la phase de conception en : 

  • En les transformant en trous traversants au lieu de poches ou de trous borgnes, on permet à l'outil de créer une obturation.
  • Ajouter un angle de 3° ou plus sur les surfaces verticales pour faciliter l'éjection, notamment sur les matériaux flexibles.
  • Repenser la pièce pour supprimer les enclenchements inutiles ou utiliser des éléments plus petits.
  • En modifiant les lignes de séparation pour aligner la fonction avec le sens d'ouverture ou de fermeture, on élimine ainsi le besoin de mécanismes complexes.

Ces modifications de conception permettent d'éviter les problèmes d'outillage en phase finale.

Défauts de moulage dus à la conception

Nombreux sont les fabricants qui imputent rapidement les défauts de moulage par injection au processus de fabrication. Pourtant, bien souvent, des défauts tels que le gauchissement, les retassures et les injections incomplètes trouvent leur origine dans des choix de conception. Et c'est précisément là qu'ils peuvent être évités.

Warpage

Le gauchissement résulte généralement de contraintes internes qui se produisent lorsque les pièces refroidissent et se rétractent de manière irrégulière. Ce phénomène peut être dû à trois facteurs de conception clés.

Warpage

Épaisseur de paroi inégale

Il s'agit de la principale cause de déformation. Une épaisseur de paroi non uniforme engendre trois problèmes majeurs qui perturbent le refroidissement et le retrait :

  • Refroidissement inégal Là où les parties fines des parois refroidissent plus vite que les parties épaisses. Ces dernières se contractent davantage et tirent sur les parties déjà solidifiées, ce qui les fait se courber ou se tordre (se déformer).
  • Transitions soudaines dans le flux de matières, créant des zones de fortes contraintes localisées.
  • Côtes épaisses ou bosses Au-delà de l'épaisseur maximale recommandée de 60 % des murs adjacents, des dissipateurs de chaleur se forment, provoquant la déformation de la surface environnante.

Choix des matériaux

  • Plastiques semi-cristallins (PP, PE, Nylon) rétrécissent jusqu'à 3 % de plus et sont plus sujets à la déformation. 
  • Plastiques amorphes (ABS, PC) ont des taux de retrait inférieurs à 0.7 % et sont plus stables dimensionnellement, ce qui signifie qu'ils sont moins sujets à la déformation.
  • Résines chargées de fibres L'utilisation de verre, de carbone ou de matériaux naturels permet d'accroître la rigidité. Cependant, cela les rend également sujets à un retrait anisotrope, c'est-à-dire irrégulier, pouvant entraîner des déformations là où le flux de matière n'est pas équilibré.

Refroidissement déséquilibré ou irrégulier

La conception du système de refroidissement dans le logiciel de CAO est souvent responsable d'une solidification irrégulière. Parmi les problèmes de conception spécifiques, on peut citer :

  • Géométrie asymétrique, où certaines grandes formes ou surfaces planes refroidissent à des vitesses différentes et se déforment.
  • Portails mal placés, Située au dernier point à remplir, la zone où le plastique fondu est beaucoup plus épais entraîne un remplissage et un refroidissement irréguliers.
  • Rayons de courbure incorrects là où les angles vifs concentrent la chaleur et les contraintes, et où l'angle extérieur n'est pas conçu pour correspondre à l'épaisseur du mur. (Voir la section précédente sur « Angles et rayons »).

Marques d'évier

Nous avons déjà évoqué le fait qu'augmenter la masse ne garantit pas la résistance des pièces moulées par injection. En effet, les sections plus épaisses refroidissent plus lentement et se rétractent davantage, ce qui favorise l'apparition de retassures ou de marques de retrait. 

Marques d'évier

Plus précisément, ajouter de l'épaisseur avec des nervures, des bossages ou des angles vifs est une mauvaise façon d'accroître la résistance car :

  • Cela crée des concentrations thermiques ou des points chauds qui mettent plus de temps à refroidir.
  • Cela provoque des dépressions de surface lorsque les parties à refroidissement lent attirent les parties déjà refroidies et solidifiées.
  • Cela augmente les contraintes internes, provoquant des déformations et parfois des vides ou des bulles internes.
  • Cela ralentit le temps de production en allongeant le temps de refroidissement.
  • Cela diminue la qualité du produit final.

Tirs courts et lignes de soudure

Les injections courtes sont dues à des problèmes de flux, tandis que les lignes de soudure sont dues à des problèmes de traitement.

Coups courts 

Les remplissages incomplets sont dus à la solidification prématurée du plastique fondu avant le remplissage complet de la cavité. Ils résultent d'irrégularités géométriques, notamment : 

  • Murs extra-minces qui provoquent le refroidissement et la solidification du polymère avant qu'il n'atteigne le bout du remplissage.
  • Flux complexe et long des chemins qui augmentent la résistance à l'écoulement et provoquent un refroidissement prématuré avant que la cavité ne soit remplie.
  • Conception de ventilation médiocre où l'air ne peut s'échapper et accumule une pression à l'intérieur, créant ainsi une barrière dans la cavité.
  • Systèmes de petits portails et de rails qui restreignent le débit et favorisent un refroidissement prématuré.
  • Transitions soudaines en raison des parois irrégulières, créant des flux irréguliers.

Lignes de soudure

Les lignes de soudure sont des lignes de jonction visibles, créées par la rencontre de deux ou plusieurs fronts de plastique fondu sans mélange complet. 

Cela est dû à des problèmes tels que : 

  • Noyaux ou obstructions, notamment des fentes, des trous et des nervures qui interrompent le flux de résine et provoquent sa division puis sa réunion.
  • Emplacement de porte incorrect sur des positions qui créent des fronts de flux plus longs.
  • Agencements à plusieurs portes qui font se rencontrer les flux et forment des lignes perpendiculaires à celle reliant les portes.
Tirs courts et lignes de soudure

Tous ces problèmes de conception, et bien d'autres, peuvent avoir un impact significatif sur les coûts.

Comment les décisions de conception affectent les coûts

En conception pour le moulage par injection, le coût est fortement influencé par la géométrie. Deux pièces contenant la même quantité de plastique peuvent présenter des différences de coût importantes. Comprendre ce phénomène est essentiel pour une conception efficace en matière de fabrication (DFM).

Moules à traction directe contre moules à traction latérale

Les moules à extraction directe s'ouvrent dans une seule direction et permettent une éjection fluide des pièces, sans mouvements mécaniques supplémentaires. De ce fait, ils sont plus économiques.

Mais une fois les contre-dépouilles introduites, le moule nécessitera des actions latérales ou des glissières, des élévateurs, des noyaux pliables et d'autres procédures de dévissage.

Chaque procédure supplémentaire engendre des coûts supplémentaires : 

  • Complexité de la construction de l'outil.
  • Coût du matériau de moulage.
  • Temps d'usinage.
  • Exigences d'entretien.
  • Le risque d'indisponibilité et les coûts de réparation.

Ces coûts peuvent s'accumuler avec le temps. Par conséquent, privilégiez, dans la mesure du possible, un mécanisme à traction directe : il est toujours moins cher et plus robuste. N'ajoutez des mécanismes à traction latérale que si le surcoût est justifié.

Parois épaisses contre structures nervurées.

Nous savons désormais que les parois épaisses ralentissent le refroidissement et peuvent considérablement augmenter le temps d'éjection d'une pièce. Cela se traduit par un allongement du cycle de production, une augmentation du volume de matériau et un risque accru de retassures et de déformations. 

Un volume important de matériaux, des processus plus longs et des pertes dues aux produits endommagés contribuent tous à engendrer des coûts supplémentaires.

En revanche, opter pour des structures nervurées permet d'éliminer ces coûts en : 

  • Maintien de l'épaisseur de paroi nominale et réduction des temps de refroidissement. 
  • Augmenter efficacement la rigidité sans ajouter de masse.
  • Réduction des coûts des matériaux.

De plus, les structures nervurées permettent de fabriquer des pièces plus résistantes, plus faciles à cintrer, plus légères, moins coûteuses à usiner et plus stables structurellement. Autant d'atouts qui contribuent à réduire les coûts.

Outils à cavité unique vs outils à cavités multiples.

Le nombre de cavités peut avoir un impact direct sur les coûts d'outillage et de production.

Les outils à cavité unique présentent des coûts initiaux inférieurs et un équilibrage plus simple. En revanche, leur rendement total est plus lent.

Les outils multicavités ont un coût initial plus élevé et un système d'équilibrage des flux plus complexe. Cependant, leur rendement est supérieur, ce qui se traduit par un coût unitaire inférieur.

Ainsi, les outils à cavité unique et à cavités multiples présentent chacun des avantages et des inconvénients. Votre choix doit se fonder sur le volume de production annuel prévu : par exemple, un outil à cavité unique pour le prototypage et un outil à cavités multiples pour la production en série.

Il faut également garder à l'esprit que la conception des pièces peut déterminer si l'utilisation de plusieurs cavités est intéressante, même pour une production en grande série. 

Par exemple, la production de pièces de grande taille, les circuits d'écoulement complexes et un remplissage non homogène peuvent limiter le nombre d'empreintes réalisables. En revanche, des choix de conception simplifiant l'écoulement et le refroidissement permettront d'obtenir un nombre d'empreintes important, améliorant ainsi les coûts globaux du moulage par injection à long terme.

Le véritable coût des tolérances serrées.

Le respect précis des dimensions des pièces est crucial lorsque l'ajustement, la fonctionnalité et l'alignement parfaits sont essentiels, comme dans le secteur automobile et les dispositifs médicaux. 

Mais cela peut engendrer des coûts supplémentaires en raison de : 

  • Usinage de moules de précision.
  • Temps supplémentaire de réglage et d'échantillonnage du moule.
  • Taux de rejet plus élevés.
  • Exigences d'inspection plus strictes.
  • Opérations secondaires possibles.

De plus, la qualité des pièces moulées par injection peut varier considérablement en fonction des matériaux utilisés. Par conséquent, des tolérances strictes dans le choix des matériaux peuvent engendrer des coûts supplémentaires, non seulement pour les matériaux eux-mêmes, mais aussi pour la fabrication d'outillage adapté et le temps de traitement.

Ainsi, une conception efficace pour la fabrication (DFM) du moulage par injection ne doit respecter des tolérances strictes que là où la fonction de la pièce l'exige impérativement.

En résumé, au moment de choisir la CAO, gardez à l'esprit que la conception pour le moulage par injection est davantage axée sur l'efficacité des coûts de production sur toute la durée de vie que sur la forme et la fonction.

Liste de contrôle pour la conception en vue du moulage par injection

Les problèmes de moulage les plus coûteux ne surviennent pas à l'usinage, mais lors de la conception. Par conséquent, avant de soumettre votre conception assistée par ordinateur à l'outillage, assurez-vous que tous les aspects sont corrects. 

Cette liste de contrôle pour la conception de moules d'injection vous sera utile. 

  • Épaisseur de paroi uniforme
  • L'épaisseur de la paroi est-elle constante sur toute la pièce ? (1 à 3 mm pour la plupart des plastiques).
  • Les transitions entre les couches épaisses et fines sont-elles progressives et réalisées uniquement lorsque cela est nécessaire ?
  • Les rayons de courbure des angles sont-ils conçus pour préserver une épaisseur de paroi uniforme ?
  • Les parois potentiellement épaisses ont-elles été optimisées avec des nervures et des bossages afin de réduire les risques de déformation et de retassures ?
  • Courbure sur toutes les faces verticales
  • Tous les murs verticaux présentent-ils un courant d'air ? (0.5°–1° minimum et 2°–3° pour les surfaces texturées). 
  • L'angle de dépouille est-il ajusté en fonction de la profondeur et du type de matériau ?
  • L'angle de dépouille supplémentaire est-il ajusté pour les surfaces texturées ?
  • Sections épaisses carottées
  • Les nervures servent-elles à renforcer la pièce plutôt qu'à augmenter la masse des parois ?
  • Toutes les parties pleines (nervures et bossages) ont-elles été évidées ? (Au moins lorsque c’était possible)
  • L'épaisseur des bossages et des nervures représente-t-elle 40 % à 60 % de l'épaisseur nominale des parois ? 
  • Angles arrondis, pas vifs
  • Les angles vifs ont-ils été remplacés par des congés pour améliorer l'écoulement des matériaux et réduire les concentrations de contraintes ?
  • Les contrefaçons ont été minimisées dès le début.
  • Une refonte avec des alternatives, telles que des lignes de séparation modifiées et l'utilisation de dispositifs de « déport », permettrait-elle d'améliorer la traction directe ?
  • Le sens d'ouverture du moule est-il défini ?
  • Les actions annexes incluses sont-elles vraiment nécessaires ?
  • Définition des surfaces cosmétiques
  • Les surfaces de classe A (cosmétiques) sont-elles clairement marquées afin d'éviter les lignes de séparation, les broches d'éjection et les emplacements des points d'injection sur ces surfaces ?
  • Les nervures et les bossages sont-ils utilisés correctement pour éviter les marques de retrait ?
  • La texture a-t-elle été correctement prise en compte en même temps que le tirage ?
  • Examen du moule avant la congélation du CAO.
  • Le mouleur a-t-il examiné la faisabilité de la fabrication du modèle ?
  • Le choix du matériau a-t-il été fait en fonction des taux de retrait ?
  • Le positionnement de la porte a-t-il été effectué au niveau de la section la plus lourde afin d'éviter les creux et les vides ?
  •  Les tolérances ont-elles été alignées sur les capacités de moulage ?
conception de moulage par injection

EzraMade

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Réflexions finales

Tout concepteur doit savoir que la conception pour le moulage par injection repose sur la précision de chaque détail et non sur la correction d'erreurs une fois la production lancée. Cela implique de porter une attention particulière à des aspects tels que l'épaisseur des parois, les angles de dépouille, les nervures, le comportement du matériau et la stratégie d'outillage avant de finaliser le modèle CAO.

De petites différences géométriques peuvent avoir un impact significatif sur les coûts, les délais de production, la qualité des produits et la stabilité de l'ensemble du programme de production à long terme.

De plus, la prise en compte de facteurs tels que des parois uniformes, l'utilisation de nervures et de bossages, la traction directe et la cohérence structurelle peut réduire le risque de pertes importantes dues aux modifications de conception et d'outillage.

En résumé, des décisions judicieuses en matière de DFM peuvent transformer les défis de conception en atouts de production prévisibles et reproductibles, avec des avantages en termes d'efficacité des processus et des coûts, ainsi que de qualité du produit final.

Sources:

By John Ceng

Fondateur

John est le fondateur d'EzraMade et un stratège en fabrication possédant une expérience pratique en DFM, moulage par injection, usinage CNC et prototypage rapide, aidant les marques à développer efficacement leurs produits.
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